Les écoles d'ingénieurs face aux défis de l'innovation

Source : La Tribune.fr - 24/02/2011 | 18:29 - 538 mots  |   



Face à la désindustrialisation et à la mondialisation, ces formations doivent favoriser les pratiques innovantes.






28 % des polytechniciens font une thèse de doctorat. 28 % des polytechniciens font une thèse de doctorat.




Mondialisation, désaffection des jeunes pour les filières scientifiques et techniques, désindustrialisation... Autant de défis auxquels doivent répondre aujourd'hui les écoles d'ingénieurs françaises. Si le modèle spécifiquement français de ces dernières s'exporte bien, la question se pose de leur apport à l'innovation industrielle nationale alors que les ingénieurs chinois sont de plus en plus nombreux. C'était d'ailleurs le thème abordé ce jeudi à Paris par la 3e convention des doyens européens des formations en ingénierie.


"Si nous n'anticipons pas assez l'avenir, alors l'ingénierie ne sera plus à même de créer de l'innovation", a ainsi alerté Francesco Profumo, vice-président de l'association européenne des formations d'ingénieurs Caesar. Récemment,le président de l'université Pierre et Marie Curie (Paris 6), Jean-Charles Pomerol, s'inquiétait du fait que « la France manque d'ingénieurs pour assurer la bonne marche de sa production industrielle et de services technologiques".


"La France ne manque pas d'ingénieurs, nuance Julien Roitman, président du Conseil national des Ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF). Les 213 écoles accréditées diplôment chaque année 31.500 ingénieurs dont 26.000 restent sur le marché du travail français. Ce qui correspond au nombre d'offres d'emplois." On compte environ 700.000 diplômés sur le marché du travail dont 500.000 exercent une activité d'ingénierie auxquels s'ajoutent autant occupant un métier d'ingénieur ou de cadre technique sans diplôme spécifique.


Innovation décentralisée et multiforme


Mais un récent rapport de l'Institut Montaigne rédigé par trois jeunes polytechniciens (issus de la promotion entrée en 2006) se veut plus alarmiste. Face au défi de la désindustrialisation, "comment former aujourd'hui les jeunes ingénieurs qui seront demain les acteurs des succès de la France ?" se demandent les auteurs, estimant qu'il "s'agit désormais de faire face à une innovation décentralisée et multiforme qui n'est plus le monopoles des grands programmes".