Les jeunes dans la crise, une "génération sacrifiée"


LEMONDE | 30.09.10 | 15h42  •  Mis à jour le 30.09.10 | 15h42











Avec ironie, Pierre-Antoine Marti appelle cela "une entrée en fanfare sur le marché du travail". Le jeune homme de 27 ans a commencé à chercher un emploi en septembre 2008, "au moment où Lehman Brothers faisait faillite".


Conséquence, deux ans de chômage. "J'ai été un témoin privilégié de la crise, poursuit-il. J'ai vu ce qu'elle a provoqué sur les gens. Moi-même, je m'y suis heurté de plein fouet. Ceux qui ont débuté leur vie professionnelle à ce moment-là étaient dans l'oeil du cyclone : on se sentait complètement impuissant. Je lançais mes candidatures comme des bouteilles à la mer."






Taux. Selon l'Insee, 632 000 jeunes de 15 à 24 ans étaient à la recherche d'un emploi au deuxième trimestre 2010. Cela représente un taux de chômage de 23,3 % chez les jeunes actifs (- 0,5 % sur un an). Le taux de chômage de l'ensemble de la population active était de 9,3 % au même moment.


Durée. La dernière enquête de l'Association pour l'emploi des cadres (APEC) montre que la recherche d'emploi des jeunes diplômés s'allonge. Elle est en moyenne de 5,8 mois en 2010, contre 5,4 mois en 2009 et 4,8 mois en 2008.


Classement. Avec un taux de chômage des jeunes actifs de l'ordre de 23 % en 2009, la France est bien en deçà de la moyenne mondiale, établie à 13 % des 15-24 ans par un rapport du Bureau international du travail (BIT), publié en août 2010. Dans les pays développés, le taux est de 17,7 %, de 23,7 % en Afrique du Nord, de 23,4 % au Moyen-Orient, de 8,9 % en Asie de l'Est, de 10,3 % en Asie du Sud et de 11,9 % en Afrique subsaharienne.